Vidéosurveillance de la voie publique et des lieux ouverts au public
Vérifié le 12/02/2020 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), Ministère chargé de l'intérieur
La surveillance de la voie publique (rue, route,...) ou d'un lieu ouvert au public (gare, mairie,...) peut être autorisée pour différents motifs. Dans un lieu privé, aucune autorisation n'est nécessaire. Le public doit être informé de l'existence des caméras. La conservation des images ne peut pas dépasser 1 mois. Plusieurs recours sont prévus, notamment auprès de la <a href="https://www.pellegrue.com/service-public/?xml=R34268">Cnil</a>.
Voie publique ou lieu ouvert au public
Surveiller la voie publique ou un lieu ouvert au public peut être autorisé pour l'un des motifs suivants :
Protection des bâtiments et installations publics et leurs abords
Protection des abords immédiats des commerces dans les lieux particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol
Sauvegarde des installations utiles à la défense nationale
Régulation des flux de transport
Constatation des infractions aux règles de la circulation
Prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens dans les lieux particulièrement exposés à des risques d'agression, de vol ou de trafic de stupéfiants
Prévention d'actes de terrorisme
Prévention des risques naturels ou technologiques
Secours aux personnes et défense contre l'incendie
Sécurité des installations accueillant du public dans les parcs d'attraction
Respect de l'obligation d'avoir une assurance responsabilité civile pour conduire un véhicule à moteur
Prévention et constatation d'une infraction liée à l'abandon d'ordures, de déchets, de matériaux ou d'autres objets
À noter
les agents de police municipale peuvent être autorisés à porter des caméras mobiles dans l'exercice de leurs missions. À titre expérimental, les agents de sécurité de la SNCF et de la RATP (jusqu'au 31 décembre 2021) et les sapeurs-pompiers (jusqu'au 5 février 2022) sont autorisés à filmer leurs interventions sous conditions.
Dans les commerces
Après information du maire de la commune et autorisation de la préfecture, les commerçants peuvent installer un dispositif de vidéoprotection :
dans des lieux et établissements ouverts au public particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol (lieu de vente, magasin, zone de stockage...)
ou/et sur la voie publique pour assurer la protection des abords immédiats des bâtiments et installations particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol.
Les caméras extérieures doivent être déconnectées de celles installées à l'intérieur pour empêcher le responsable ou ses subordonnés d'avoir accès aux images enregistrées.
L'obligation d'autorisation préalable concerne uniquement <span class="miseenevidence">la voie publique et les lieux ouverts au public</span>.
Aucune autorisation n'est nécessaire pour une installation dans un lieu privé ou des locaux professionnels (hangar, local d'archives...) <span class="miseenevidence">non ouverts au public. </span>
À savoir
en cas de dispositif installé pour identifier les personnes (caméra associée à un système biométrique), les règles sont différentes. Une <a href="https://www.pellegrue.com/service-public/?xml=R1409">demande d'autorisation</a> est à faire à la <a href="https://www.pellegrue.com/service-public/?xml=R34268">Cnil</a>.
Procédure ordinaire
Avant de mettre en place un dispositif de vidéoprotection, le professionnel (entreprise de transport, débit de tabac...) doit vérifier s'il doit faire une <a href="https://www.cnil.fr/fr/RGPD-analyse-impact-protection-des-donnees-aipd" target="_blank">analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD)</a>
.
L'AIPD est obligatoire par exemple si le dispositif de vidéoprotection conduit à une surveillance systématique à grande échelle.
La <a href="https://www.pellegrue.com/service-public/?xml=R34268">Cnil</a> peut demander communication de l'AIPD.
Une demande d'autorisation d'installation de caméras de surveillance est également à faire auprès du préfet du lieu d'implantation (du préfet de police à Paris).
Si le dispositif de vidéoprotection est en réseau et couvre plusieurs départements, la demande doit être adressée à la préfecture du département du siège social du demandeur.
L'autorisation est délivrée pour une durée de 5 ans renouvelable.
Après obtention de l'autorisation, le responsable du dispositif doit en déclarer la mise en service à la préfecture.
En ligne
Par courrier
Service en ligne Demande en ligne d'autorisation d'un système de vidéoprotection
En cas d'urgence liée au risque terroriste, une procédure dérogatoire d'autorisation est prévue.
Cette autorisation n'est alors valable que pour une durée maximale de <span class="miseenevidence">4 mois</span>.
Cette procédure s'applique aussi lorsque les autorités sont informées de la tenue imminente d'une manifestation ou d'un grand rassemblement présentant des risques d'atteinte à la sécurité des personnes et des biens.
Une fois le système de vidéoprotection en place, <a href="https://www.cnil.fr/fr/la-videosurveillance-videoprotection-sur-la-voie-publique" target="_blank">les droits des personnes filmées doivent être respectées</a>
.
L'information doit être faite par affiche ou pancarte, comportant un pictogramme représentant une caméra.
Ces pancartes doivent être présentes en permanence dans les lieux concernés et elles doivent être compréhensibles pour tout public.
Les établissements les plus importants (grandes surfaces par exemple) doivent également indiquer les coordonnées du responsable du système (nom ou qualité, numéro de téléphone).
Toute personne peut accéder aux enregistrements la concernant et en vérifier la destruction dans le délai fixé par l'autorisation préfectorale.
La conservation des images ne peut pas dépasser <span class="miseenevidence">1 mois</span> sauf procédure judiciaire en cours.
La demande d'accès doit être adressée au responsable du système de vidéoprotection.
Cet accès est un droit.
Toutefois, il peut être refusé pour les motifs suivants : sûreté de l'État, défense, sécurité publique, lors d'une instruction judiciaire en cours ou pour protéger le secret de la vie privée d'autres personnes.
Commission départementale des systèmes de vidéoprotection
La commission départementale des systèmes de vidéoprotection a les missions suivantes :
Contrôle du fonctionnement des dispositifs (sauf en matière de défense nationale)
Recommandations
Proposition de suspension ou suppression des dispositifs non autorisés, non conformes à leur autorisation ou s'il en est fait un usage anormal. Elle informe le maire de la commune de cette proposition.
Toute personne intéressée peut saisir par courrier la commission d'une difficulté liée au fonctionnement d'un dispositif de vidéoprotection.
Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)
La Cnil vérifie que le dispositif respecte les règles : respect de l'autorisation préfectorale, durée de conservation des images, information des personnes filmées...
En cas de manquement, après mise en demeure du responsable du système, elle peut demander au préfet de suspendre ou de faire supprimer le dispositif de vidéoprotection.
La <a href="https://www.pellegrue.com/service-public/?xml=R34268">Cnil</a> en informe le maire de la commune.
Toute personne intéressée peut saisir la Cnil d'une difficulté liée au fonctionnement d'un dispositif de vidéoprotection.
Service en ligne Plainte en ligne auprès de la Cnil